Partager la page
Quel rôle joue le groupe AFD dans les négociations environnementales internationales ?
Publié le
Le groupe AFD sera présent à la COP17 d’Erevan (Arménie) sur la biodiversité, du 18 au 30 octobre, ainsi qu’à la COP31 d’Antalya (Turquie) sur le climat, du 9 au 20 novembre. Quel rôle joue-t-il dans les grandes négociations internationales sur le climat et la nature ? Réponse en 5 points clés.
La lutte contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité constitue l’un des axes de la politique étrangère française. Sur ces sujets, le groupe Agence française de développement (AFD) occupe une place particulière au sein de l'Équipe France.
Combinant financements, expertise et présence de terrain, le groupe AFD est un outil de dialogue et de confiance au service de la diplomatie française. Il contribue à l’influence de la France, construit des partenariats durables avec les pays du Sud et les Outre-mer, démontre la faisabilité des propositions, participe à la définition de standards ambitieux, ainsi qu'à l’amélioration des connaissances scientifiques.
1. Il met en œuvre les engagements environnementaux de la France
Avec un total de 6,8 milliards d’euros de finance climat en 2025 (hors Outre-mer), représentant près de 90 % du volume annoncé par la France, le groupe AFD constitue le principal instrument de mise en œuvre des engagements français.
Le Groupe contribue également à l’objectif que la France porte à l’international de rééquilibrer à la demande des pays du Sud, le soutien à l’adaptation au changement climatique (plus de 42 % des financements climat du groupe AFD en 2024 et 2025).
Cette fonction de « mise en œuvre des engagements pris » est particulièrement visible dans les initiatives bénéficiant d’un soutien politique et financier de la France. Dans le cadre des Partenariats pour une transition énergétique juste (JETP), par exemple, l’AFD a concrétisé l'implication française en Afrique du Sud : le financement annoncé par le président de la République d'1 milliard d’euros a été intégralement engagé dès fin 2025. Les accompagnements et financements au Vietnam et en Indonésie ont également très bien progressé, via les financements de l’AFD.
Le groupe AFD joue ainsi un rôle clé dans la traduction opérationnelle des engagements internationaux de la France. Par ses financements, son expertise et sa capacité à fédérer les acteurs, il transforme les orientations politiques en réalisations concrètes et concourt à la crédibilité, la fiabilité et l’influence de la France dans les enceintes internationales.
2. Il tisse des partenariats de long terme entre la France et les pays partenaires
Le groupe AFD contribue à inscrire l’action française dans la durée en construisant, avec les pays partenaires, des relations de confiance fondées sur des projets, une présence locale et une coopération technique. Cette capacité à travailler dans la durée avec les administrations, collectivités, entreprises publiques et privées, banques de développement et acteurs de la société civile en amont des négociations constitue un atout pour la diplomatie française : elle permet de s’appuyer sur des années de coopération avec les acteurs concernés.
En Inde, par exemple, le groupe AFD accompagne les autorités sur des enjeux directement liés aux négociations climatiques : transition énergétique, développement urbain durable, biodiversité et adaptation au changement climatique. En 2015, lors de la COP21, cette relation de long terme a abouti au lancement conjoint par la France et l’Inde de l’Alliance solaire internationale. Cette alliance a contribué à la signature par l’Inde de l’Accord de Paris.
Le groupe AFD peut ainsi jouer un rôle de trait d’union entre les objectifs diplomatiques français et les priorités des pays, en apportant aux négociateurs une compréhension fine des réalités locales et, lorsque cela est possible, des solutions financières et techniques permettant de rendre les engagements négociés réalisables et opérationnels.
3. Il fournit la preuve du concept
Les résultats des projets financés par le groupe AFD donnent aux négociateurs français des bases concrètes pour illustrer leurs positions, démontrer la faisabilité de leurs propositions et documenter les conditions de leur mise en œuvre.
En 2025, par exemple, l’AFD a engagé des financements dans le cadre du projet « Océan 30x30 », pour préparer la création d’une des premières aires marines protégées en haute mer, entre les îles Crozet et les îles sud-africaines du Prince-Édouard et Marion. Cette opération illustre concrètement la mise en œuvre du nouveau Traité des Nations unies sur la haute mer, entré en vigueur le 17 janvier 2026 et porté par la France.
Plus largement, l’AFD a investi plus de 4 milliards d’euros en faveur des océans depuis 2020, offrant un portefeuille d’expériences mobilisables dans les discussions internationales sur la conservation marine, les aires protégées et la gestion durable des ressources.
4. Il fait entendre la voix française et son influence sur des normes et des coalitions
Le groupe AFD participe à la définition de cadres communs, de méthodologies, comme les principes communs sur l’alignement à l’Accord de Paris dans les enceintes multilatérales et les coalitions de banques publiques de développement. À travers ses exigences climatiques et environnementales, tout en accompagnant les capacités de ses partenaires et clients, le Groupe transforme en profondeur les pratiques opérationnelles, renforçant ainsi l’influence normative de la France.
L’AFD a ainsi été à l’initiative de la coalition Finance en Commun (FiCS) réunissant les 550 banques publiques de développement du monde. À travers celle-ci, l’AFD diffuse progressivement les ambitions et les standards français en matière de climat et de biodiversité. Plusieurs engagements y ont été pris depuis, tant en volume de finance climat qu’en renforcement de la qualité des financements.
Dans le cadre des négociations climatiques, le groupe AFD apporte également à l'Équipe France son expertise de praticiens de la finance climat, sujet au cœur des COP climat. Les équipes ministérielles et l’AFD ont notamment contribué ensemble aux réflexions de structuration du Fonds vert pour le climat et du Fonds pour la réponse aux pertes et préjudices.
5. Il contribue à améliorer les connaissances scientifiques et à lutter contre la désinformation
En finançant la recherche sur les enjeux climatiques et environnementaux, le groupe AFD contribue à améliorer les connaissances et à promouvoir l’intégrité de l’information climatique, sujet qui sera prioritairement porté par la France à la COP31 d’Antalya.
Le soutien à la recherche permet de documenter les impacts du changement climatique, d’objectiver les choix de politiques publiques et de fonder l’action sur des données probantes, réduisant ainsi l’espace laissé aux discours non étayés ou contestataires.
Le Groupe soutient par ailleurs des travaux de recherche sur les mécanismes de circulation et de légitimation de la désinformation, ainsi que sur les réponses les plus efficaces pour y faire face : fact-checking, éducation aux médias, sensibilisation du public. Il développe également des outils pour mieux anticiper les risques de désinformation dans ses secteurs d’intervention (santé, eau, énergie, agriculture ou climat) et soutient des partenariats avec des acteurs spécialisés comme QuotaClimat et des organisations de la société civile ainsi que des médias indépendants (Reporters sans frontières).
En renforçant l’accès à une information fiable et la capacité des sociétés à faire face aux manipulations informationnelles, le groupe AFD contribue à la crédibilité de l’action climatique.
Aller plus loin
« Considérons l’adaptation climatique comme une trajectoire et non comme une somme de solutions »
Publié le 2 octobre 2026